Comptabilité de l'Auto-Entrepreneur : Que Faut-il Savoir ?

Obligations simplifiées mais réelles : livre des recettes, factures, déclarations et plafonds décryptés

Le statut d'auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur) séduit par sa simplicité administrative et comptable. Contrairement aux entreprises soumises au régime réel, l'auto-entrepreneur bénéficie d'obligations comptables allégées. Mais « allégées » ne signifie pas « inexistantes ». Ce guide fait le point complet sur ce que vous devez savoir pour gérer votre comptabilité de micro-entreprise en toute conformité en 2025.

Le régime micro-entreprise : rappel du cadre

Le régime de la micro-entreprise est un régime fiscal et social simplifié. Il s'adresse aux entrepreneurs individuels dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas certains seuils. Ce régime dispense de bilan comptable, de compte de résultat et de comptabilité en partie double. En contrepartie, le résultat est calculé forfaitairement par l'administration fiscale sur la base du chiffre d'affaires déclaré.

Plafonds de chiffre d'affaires 2025

Type d'activitéPlafond CA annuelSeuil majoré (sortie)
Vente de marchandises, objets, fournitures, denrées188 700 €188 700 €
Hébergement (hôtels, meublés de tourisme, chambres d'hôtes)188 700 €188 700 €
Prestations de services (BIC)77 700 €77 700 €
Professions libérales (BNC)77 700 €77 700 €

Si ces plafonds sont dépassés deux années consécutives, l'auto-entrepreneur bascule automatiquement vers le régime réel d'imposition à compter du 1er janvier de l'année suivante. Ce changement implique des obligations comptables nettement plus lourdes.

Les obligations comptables de l'auto-entrepreneur

1. Le livre des recettes

Le livre des recettes est le document comptable principal de l'auto-entrepreneur. Il doit être tenu de manière chronologique et enregistrer toutes les recettes encaissées, sans exception. Pour chaque encaissement, il faut indiquer :

Le livre peut être tenu sur un registre papier, un tableur ou un logiciel de facturation. L'essentiel est qu'il soit non modifiable a posteriori (pour un tableur, cela implique de ne pas supprimer de lignes — les corrections se font par une écriture complémentaire).

2. Le registre des achats

Le registre des achats est obligatoire uniquement pour les activités d'achat-revente de marchandises, de fournitures et denrées à consommer sur place ou à emporter, et pour les prestations d'hébergement. Les prestataires de services et les professions libérales en sont dispensés.

Ce registre doit mentionner pour chaque achat :

3. La facturation

L'auto-entrepreneur est tenu d'émettre des factures conformes pour toutes ses prestations et ventes, sauf exceptions (ventes au détail à des particuliers pour certaines activités). Les mentions obligatoires sur une facture de micro-entrepreneur sont :

À partir de 2026, la facturation électronique deviendra progressivement obligatoire. Les auto-entrepreneurs devront être en mesure de recevoir des factures électroniques, et émettre les leurs via une plateforme de dématérialisation partenaire.

4. La conservation des justificatifs

Toutes les factures émises et reçues, les relevés bancaires et les justificatifs de dépenses doivent être conservés pendant 10 ans (obligation du Code de commerce). Les documents numériques ont la même valeur que les originaux papier, à condition de garantir leur intégrité et leur lisibilité dans le temps.

La déclaration du chiffre d'affaires

L'auto-entrepreneur doit déclarer son chiffre d'affaires de manière mensuelle ou trimestrielle (fréquence choisie lors de l'inscription, modifiable une fois par an). La déclaration se fait en ligne sur le site de l'URSSAF (autoentrepreneur.urssaf.fr).

Ce qu'il faut déclarer

Taux de cotisations sociales 2025

ActivitéTaux de cotisations
Vente de marchandises (BIC)12,3 %
Prestations de services artisanales (BIC)21,2 %
Prestations de services commerciales (BIC)21,2 %
Professions libérales non réglementées21,1 %
Professions libérales réglementées (CIPAV)21,2 %

La TVA en micro-entreprise

Par défaut, l'auto-entrepreneur bénéficie de la franchise en base de TVA : il ne facture pas de TVA à ses clients et ne peut pas récupérer la TVA sur ses achats. Cette franchise s'applique tant que le CA reste sous les seuils suivants :

En cas de dépassement, l'auto-entrepreneur devient redevable de la TVA dès le premier jour du mois de dépassement. Il doit alors :

Les erreurs fréquentes à éviter

Faut-il utiliser un logiciel de comptabilité ?

Si un tableur bien tenu suffit légalement, un logiciel de facturation et de comptabilité offre des avantages significatifs :

De nombreux logiciels proposent des offres gratuites ou à faible coût adaptées aux auto-entrepreneurs : Henrri, Freebe, Abby, Tiime, etc. Si vous hésitez à investir, consultez notre article sur la question de l'expert-comptable pour les auto-entrepreneurs.

Quand la comptabilité simplifiée ne suffit plus

Certaines situations signalent qu'il est temps de passer à une comptabilité plus structurée ou de se faire accompagner :

Dans ces cas, suivre une formation en comptabilité ou optimiser votre gestion comptable devient un investissement rentable.

Questions fréquentes

Quelles sont les obligations comptables d'un auto-entrepreneur ? +
L'auto-entrepreneur doit tenir un livre des recettes chronologique, un registre des achats (pour les activités d'achat-revente et d'hébergement), émettre des factures conformes, conserver ses justificatifs pendant 10 ans et déclarer son chiffre d'affaires mensuellement ou trimestriellement. Il est dispensé de bilan, de compte de résultat et de comptabilité en partie double.
Quels sont les plafonds de chiffre d'affaires de l'auto-entrepreneur en 2025 ? +
En 2025, les plafonds sont de 188 700 € pour les activités de vente de marchandises, objets, fournitures, denrées et hébergement, et de 77 700 € pour les prestations de services et les professions libérales. En cas de dépassement deux années consécutives, l'auto-entrepreneur bascule automatiquement vers le régime réel d'imposition.
Un auto-entrepreneur doit-il facturer la TVA ? +
Par défaut, l'auto-entrepreneur bénéficie de la franchise en base de TVA et ne facture pas de TVA (mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » sur ses factures). Cependant, si son CA dépasse les seuils de franchise (91 900 € pour les ventes, 36 800 € pour les services), il devient redevable de la TVA et doit la facturer.

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